la seconde guerre mondiale dans l'Est et le reste de la France
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 Guillaume Blenner

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Historien25
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Messages : 14
Date d'inscription : 19/11/2012

MessageSujet: Guillaume Blenner   Mar 26 Fév - 17:20

Extrait du livre "LE Pays qu'on enchaîne Les chaînes qu'on abat" par André BADOT

Cette extrait parle du frère de mon arrière grand mère.

WILHELM alias GUILLAUME alias WILLIAM
DANS L'UNIVERS CONCENTRATIONNAIRE

Wilhelm Blenner est né à Bâle en 1918 de parents alsaciens; dès son arrivée en France, son prémon fut tout naturellement traduit en Guillaume; c'est donc sous ce prémon qu'il fut connu au Valdahon où son père en 1941 était interprète au Camps Militaire occupé par une assez forte garnison allemande; Guillaume lui-même pratiquait fort bien la langue germanique, ce qui lui permit d'obtenir des renseignements auprès des occupants, rencontrés notamment dans les cafés.

Quand donc Blenner arriva ai Valdahon venant, semble-t-il de Montbéliard, la vie ne l'avais pas ménagé; il boitait en effet, suite à une amputation pratiquée en dessous du genou; beaucoup pensaient ici qu'il s'agissait d'une blessure de guerre; il n'en était rien, du moins pas tout à fait...

Guillaume s'était en effet engagé en 1938 pour une durée de 3 ans dans les Tirailleurs Sénégalais; il souhaitait faire carrière dans l'Armée; alors qu'il était en garnison à Alger, il eut la malchance d'être piqué par une bête; la blessure s'envenima. Il était déjà malade quand son régiment fut, à l'occasion de la guerre, rappelé en métropole; il le suivit et se trouva à Clamart, à côté de Paris, puis à Vannes, enfin à Roscoff; l'évolution de la blessure fut telle qu'n Juillet 1940, la seule solution possible fut l'amputation; dès lors il dut porter une prothèse; il se déplaçait, hormis sa claudication, sans trop de difficultés, mais gardait au coeur une vive déception qui le poussait à penser qu'il n'avait rien à perdre à flirter avec le danger, sentiment ajouté à une haine très tenace pour les Allemands.

C'est donc avec cette disposition d'esprit qu'il arrive au Valdahon; avant de partir à l'armée, Guillaume avait été garçon-boucher chez Croppet à Besançon (ce qui lui explique qu'on peut voir sur sa fiche, la profession de charcutier); durant cette période de l'Occupation où régnaient la pénurie et la débrouillardise, il lui arriva de rendre de nombreux services à la population locale en allant tuer sur place des bêtes d'élevage; c'était son activité principale quoiqu'épisodique...

Malgret son infirmité, l'Allemagne manquant de bras, il est appelé pour le Service du Travail Obligatoire; Guillaume décide alors, en Décembre 1942, sous le nom de William, d'entrer dans la clandestinité au service de la Résistance, ce qui ne l'empêchait pas de temps à autre de réapparaître au Valdahon, notamment pour rendre visite à sa soeur [mon arrière grand mère] (habitant le village-bas près du camp), à qui d'ailleurs il parlait très peu de ses activités afin de ne pas la mettre en danger.

Il a été vu ici, comme agent de liaison, transporter des tracts, des journaux: "Combat" puis "Libération Nord", des armes notamment mitrailettes et chargeurs, et il rencontrait souvent Grosmaire chez lui; on sait qu'il avait aussi des contacts avec les maquis du Jura et qu'il s'occupait de parachutages; sur un livre consacré à l'Abbé Schawander, curé à Belfort et grande figure de la Résistance , on parle des excellentes relations du groupe OCM (Organisation Civile et Militaire) de Montbéliard avec le groupe Combat "dont le responsable était William ou Guillaume, c'est-à-dire Blenner; d'ailleur, sa citation attribuée à titre posthume en 1948 parle bien de "très grande action dans les opérations de sabotage et de parachutage dans la région" et de sa fonction dès 1943 de "chef de groupe".

William aime flirter avec le danger; une fois il se sent repéré, il va se cacher chez son beau-frère Philippe [Paul de son prénom mon arrière grand pêre] de Trepot, mais le 12 Février 1944, il ne peut éviter l'arrestation; il est à Besançon; il vient de sortir de la gare Viotte; en face de l'hôtel qui donne sur une petite rue, Hutter, un agent de la Gestapo (fusillé à la libération) l'arrête (une fiche le concernant porte son arrestation à Plainoisaeu dans le Jura et à la date du 10; il y a des chances pour que ce renseignement soit erroné).

On l'emmène directement à la Kommandantur à Chamars où il sera interrogé; la nouvelle de son arrestation est arrivé dans sa famille; sa soeur, épouse Paul Philippe, tente d'aller le voir; elle se rend à la Kommandantur où elle aprend qu'il n'y est plus; elle va à la Citadelle, où, d'après les renseigements obtenus, il est incarcéré, mais il n'y était déjà plus; il est à la prison de Dijon, rue d'Auxonne.

Malgré les difficultés de transport, et le couvre-feu qui la contraignit à coucher dans les gares, et bien qu'enceinte de 7 mois, elle part pour Dijon. Quand elle aborde la prison le matin, il y a une très longue file d'attente. La matinée se passera sans qu'elle ait seulement pu demander quelque chose; vers 13h30, le soldat qui est de garde, ayant sans doute pris pitié d'elle à cause de on état, lui demande ce qu'elle vient faire ici. "Je viens voir mon fère", répond-elle. Il lui demande son nom et va consulter le registre d'écrou. "Hélas, dit-il à son retour, vous ne pouvez pas le voir, il est au secret". Mais il accepte cependant de lui transmettre la valise d'habits et un petit colis de provisions, à condition toutefois qu'elle lui promette n'y avoir mis ni lame ni couteau. ll se rend dans la cellule de Guillaume en toute hâte, avant que m'arrivent des gradés, lui donne les habits propres et ramène dans la valise quelques pièces de linge sale, notamment une veste toute taché de sang; dans la valise aussi, un tout petit billet griffonné au crayon où le détenu exprime son désir d'avoir des nouilles et de la cancoillote! Pauvre Guillaume!

Le gardien lui remet ensuite un papier pour qu'elle se rende à la Kommandantur y solliciter un permis de visite; là, l'officier consulté lui oppose un refus, en ajoutant qu'elle devait se considérer déjà comme bien heureuse de ne pas avoir été arrêtée, de même que son mari. Elle rentre donc chez elle au Valdahon; elle ne reverra jamais plus son frère qui, cependant, lui fera parvnir d'autre petits billets, elle n'a jamais su par quel moyen; Guillaume, pour la rassurer, lui disais que cela allait.

Quelque temps après, Guillaume Blenner fut emmené à Compiègne et de là, déporté en Allemagne. En route, il put faire passer par des cheminots un dernier petit billet jeté par la fenêtre du train: "Pars en Allemagne pour travaux forcés, suis grièvement blessé (il avait tenté de s'évader de compigne). Je sais qui m'a dénoncé, à bientôt la vengeance!". Ce papier, cette relique pourrait-on dire, n'existe malheureusement plus; la famille, se sentant surveillé, l'a détruit.

Nous étions en Mai 1944...

Guillaume Blenner arriva au Camp de Concentration de Neuengamme, à 25 km de Hambourg au Nord de l'Allemagne. Ce camp, créé le 4 juin 1940, était implanté dans les marais situés au Nord de l'Elbe; le premier convoi de Français (2200) y arriva le 27 Mai 1944 (on peut supposer que Guillaume était du monbre).

Guillaume a été vu encore vivant au début de l'année 1945, mais dans un état de santé précaire. Depuis Avril 1945, on n'a plus entendu parler de lui. Selon la formule consacrée par la loi, comme il n'a plus donné de ses nouvelles et judiciairement décédé en 1948. Il est regrettable que son nom ne figure pas sur le Monument aux morts de la Commune du Valdahon. (depuis la publication du livre il à été rajouté) Son mon ne figure pas, contrairement aux informations reçues, sur le Monument d'Ecot, par contre on le trouve à la Citadelle et dans la crypte de Notre-Dame-des-Buis, à Besançon.
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montagnard25
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MessageSujet: Re: Guillaume Blenner   Mar 5 Mar - 12:06

salut,

désolé, de retard(hyper gros problème avec mon ordi) très belle histoire . un grand bravo

cdlt,
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